Le Prix Allan King Memorial

À propos

 

DOC a également choisi la réalisatrice Tiffany Hsiung (The Apology) comme récipiendaire du prix Allan King Memorial Award. Ce pris souligne le dixième anniversaire du décès d’Allan King et est décerné à un ou une jeune documentariste qui incarne la philosophie d’Allan King selon laquelle les cinéastes doivent être des esprits libres, sans peur et indépendants. Tiffany reçoit un prix de 4 000 $ provenant d’un don de la veuve d’Allan King, Madame Coleen Murphy.

Tiffany Hsiung est une cinéaste de réputation internationale installée à Toronto. Diplômée de l’Université Ryerson, en production cinématographique, son court métrage maintes fois primé, Binding Border (2007), a fait le tour du monde des festivals et lui a ouvert les portes de RCI/CBC pour la réalisation d’une minisérie en six épisodes sur les Jeux olympiques de Pékin en 2008, A new Face for Beijing.

Tiffany a été mise en nomination pour le Prix Allan King pour l’excellence en documentaire par la Guilde des réalisateurs canadiens (DGC) et le documentaire numérique interactif qu’elle a coréalisé, The Space We Hold, basé sur The Apology, a reçu le Prix Peabody - Future of Media Award ainsi que le Prix Écrans canadiens pour la Meilleure production numérique originale.

 

Tiffany Hsiung « L’approche novatrice d’Allan King pour le documentaire a toujours été pour moi une source d’inspiration m’aidant à capter la condition humaine par le cinéma direct. Au moment du tournage de notre film The Apology, lorsque j’ai rencontré ces femmes résistantes qui ont survécu à un esclavage sexuel militaire durant la Seconde Guerre mondiale, c’est leur vie de tous les jours qui m’a touchée au cœur et m’a fait réaliser l’impact des atrocités qu’elles avaient vécues. C’est un immense honneur pour moi de recevoir le Prix Allan King Memorial Award puisqu’il symbolise le pouvoir de l’histoire humaine et la manière dont, ultimement, nous sommes tous reliés. »

 

À propos

Véritable pionnier doté d’une vision, Allan King a tracé une nouvelle voie dans le cinéma documentaire et est devenu un des cinéastes canadiens les plus appréciés. Ses films touchaient profondément ses spectateurs en les confrontant à la dureté de la condition humaine. En explorant les relations intimes entre les gens, il mettait à jour ce qui nous rend uniques et ce qui nous lie dans l’environnement et les expériences que nous partageons.

« Il avait une façon particulière de traiter ses personnages comme ses collaborateurs en développant une relation avec eux avant même le début du tournage. Ses films sont remarquables pour leur immense empathie et une certaine façon expérimentale de repousser à l’extrême les limites de l’explication et de la compréhension de nos comportements. » Liam Lacey, Globe and Mail

 

« Depuis l’enfance, j’ai toujours été intéressé par la politique et les questions sociales. Dès l’âge de dix ans, j’aimais débattre de ces questions. J’ai mené ma première grève à 17 ans et une autre à 19 ou 20 ans dans un camp de bûcherons. Je me suis toujours senti concerné et je me suis toujours impliqué dans les débats sociaux. Pour moi, la question centrale est : comment atteindre une vie meilleure, pour soi et pour la société ? » Allan King en entrevue avec Marc Glassman, POV Magazine.

Durant plus d’une cinquantaine d’années, Allan réalisa des films avec un style distinctif empreint de compassion qu’il appelait docudrame. Le principe de cette méthode était de capter sur pellicule les drames de la vie de tous les jours tels qu’ils surviennent. Ses films les plus significatifs, tels Warrendale, Un couple marié (A Married Couple), Dying at Grace, Memory for Max, Claire, Ida and Company, Come on Children, pour ne citer qu’eux, ont mis en lumière la complexité de la condition humaine.


Plusieurs rétrospectives de son œuvre se sont tenues à travers le monde et en 2002 Allan a été reçu Officier de l’Ordre du Canada. En juin 2008 il a été admis au Temple de la renommée du Film et de la Télévision du Canada et a également reçu le Prix Dragon of Dragons pour l’ensemble de son œuvre au festival de Cracovie en Pologne.


Nick Hector, monteur et collaborateur de longue date d’Allan King, dit de son travail avec Allan : « Il me donnait plus de liberté que je n’ai jamais eue en travaillant sur un film. Il me faisait le portrait de l’idée qu’il souhaitait explorer et me donnait une totale liberté à l’intérieur du cadre de cette image qu’il m’avait décrite. » Ce prix repose sur le nom d’Allan King, son œuvre et son héritage, mais nous demandons aux cinéastes qui participent de nous montrer leur point de vue personnel plutôt que de chercher à reproduire le travail d’Allan. Ce prix souhaite récompenser un ou une cinéaste qui, comme Allan, utilise une approche exploratoire du documentaire pour repousser les limites du genre.

« Peu de cinéastes ont eu un impact majeur sur le documentaire, mais il est hors de tout doute qu’Allan King est l’un d’eux. » Piers Handling, ex-directeur du Festival International du Film de Toronto (TIFF).